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Prends ma Roue !

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Le Projet

Chronique d’une campagne électorale inédite…

Par Roger BORDEAU

Il y a un mois maintenant que l’assemblée générale de la FFC a confirmé, sans surprise de notre part, l’élection de Michel CALLOT comme président pour un second mandat. Nous avons publié très rapidement sur notre site web un article intitulé : Un bilan amer pour Cyrille Guimard et Prends Ma Roue ! Le moment est maintenant venu de revenir calmement en échos sur cette campagne électorale qui aura été inédite, en tout cas de mémoire d’ancien élu fédéral.

Saluons et remercions Cyrille GUIMARD pour son courage…

Pour commencer, saluons et remercions Cyrille GUIMARD pour son courage et son abnégation dans cette candidature, qui n’était pas programmée à la création de PMR en Septembre 2020 … ! Quatre mois pour exister, se faire connaître, trouver un leader charismatique expérimenté, disponible et déterminé, c’était la quadrature du cercle. Malgré les faibles chances de l’emporter et les risques, Cyrille s’est finalement proposé sachant pertinemment qu’il s’exposait fortement en entrant dans l’arène.

Cyrille GUIMARD a été, et est toujours, le plus titré au monde des directeurs sportifs, avec Roger LEGEAY, il fait partie de cette génération de managers français qui a contribué au rayonnement de notre cyclisme et de nos grands champions au niveau international, et qui a ouvert la voie à des directeurs sportifs de référence comme Marc MADIOT, Jean-René BERNAUDEAU ou encore Vincent LAVENU.

Pour tout cela, Cyrille GUIMARD, dans cet engagement totalement désintéressé au service de son sport, alors que sa notoriété est établie depuis longtemps, méritait un respect absolu ! La gouvernance fédérale sortante en a décidé autrement !

Pour s’en rendre compte, il suffit de visualiser les conditions d’accueil qui lui ont été réservées le jour de l’élection au siège fédéral, ce « bureau-placard » sordide où il a passé six heures de temps en compagnie de son épouse, parmi les cartons et les bouteilles en plastique…

De ce lieu, il pouvait, comme nous tous, aussi entendre les allégations diffamatoires à son égard, placées insidieusement et de façon incongrue dans le rapport « moral » hallucinant de Yannick POUEY, secrétaire général qui, normalement, ne devait aborder que le bilan de l’exercice ! De même, Jeannie LONGO, la sportive la plus titrée au monde, y fut traitée de façon totalement indécente, sa candidature au Conseil Fédéral tournée en dérision par des propos indignes et méprisants en ces circonstances. En clair, les propositions de notre programme sont présentées comme une atteinte à la personne des sortants, à leurs compétences et à leur légitimité …

Que dire ensuite de l’étalage, par le secrétaire général, de ses références littéraires « éclairées » avec le siècle des lumières, citant tour à tour Voltaire et Montesquieu ? ! A titre personnel (comme il dit), j’ai trouvé son discours quelque peu « obscurantiste », car je préfère de loin Rousseau à Montesquieu, ce dernier étant un chantre de la monarchie, donc pour une vision féodale, ce qui est à mon sens le mal récurrent de notre fédération, entre le pouvoir national et ses structures déconcentrées … !

Nous avons cependant atteint notre premier objectif…

La campagne fut inédite car c’était la première fois qu’une structure externe, organisée statutairement sous forme d’un collectif constitué de licenciés FFC, dirigeants et personnalités du cyclisme, se positionnait en contestant, d’une part, le bilan de la mandature et, d’autre part, en proposant un véritable projet de réformes porté par des candidatures à la Présidence et au Conseil Fédéral.

Nous ne rêvions pas, n’espérant rien d’un système électoral où l’avenir de notre sport tient au vote de 160 électeurs, certes désignés par les clubs, mais sous influence des réseaux déconcentrés de la gouvernance en place qui décident pour 104 000 licenciés et 2 500 clubs ! A noter, dans ce contexte, l’incidence du très faible taux de participation des clubs aux AG régionales et départementales, autour de 50 %, voire en dessous dans de nombreux cas !  Nous avons cependant atteint notre premier objectif : montrer la nécessité d’une réelle opposition capable de proposer un programme et une autre politique pour notre sport.

Stratégie de la victimisation et du « sapage de réputation »

Mais malheureusement le débat n’a pas eu lieu. Pourquoi ? Tout simplement parce que les sortants, n’ayant pas de bilan lié à ces items, ni de programme et plan d’actions concrets à présenter dans ce sens, ont opté pour la stratégie de la victimisation et du « sapage de réputation » (*), technique de communication politique bien connue et souvent utilisée dans les sociétés où l’on s’accommode de la démocratie pour discréditer les opposants !

Le but : nous faire passer pour des voyous voulant détruire notre sport ! On nous a accusés d’attaques personnelles et acerbes et d’utiliser des éléments mensongers pour détruire les fondations du cyclisme, ceci que ce soit de la part du président par des publications officielles sur le site fédéral ou lors d’interviews avant et après les élections, ou de la part de membres du Conseil Fédéral au travers d’un manifeste !

  • (*) La pratique connue sous le nom de « sapage de réputation » consiste en une attitude délibérée et soutenue visant à nuire à la réputation ou à mettre en cause la crédibilité d’une personne ou d’un collectif. Elle consiste à répandre de fausses accusations, par exemple faire passer les adversaires pour des menteurs, des casseurs, à semer et entretenir des rumeurs ou à manipuler les informations. Ceci peut prendre la forme de pamphlets et de manifestes, ou d’éléments de langage (appelés mèmes), transmis d’un acteur à l’autre avec pour objectif d’isoler les individus, de faire en sorte qu’ils soient rejetés par leur communauté ou par leur environnement social ou culturel.

Jamais nous n’avons attaqué l’intégrité des personnes…

Or, de quoi s’agissait-il ? Jamais nous n’avons attaqué l’intégrité des personnes. Nous avons évoqué, analysé et commenté la chute vertigineuse des licences sur la base des documents officiels factuels en notre possession, mettant en avant les causes évidentes, notamment la pression économique sur les clubs (organisations, formations … ), l’inefficience de la structuration sportive (niveaux, catégories, licences … ), la désertification des activités dans les territoires … !

Nous avons aussi, via une lettre ouverte, démontré que le président n’avait pas complètement joué son rôle dans la gestion de la crise Covid car trop inféodé aux Ministères. Nous pensons par exemple qu’il n’a pas suffisamment défendu notre sport et que des aménagements auraient pu être obtenus. Par ailleurs, nous avons critiqué, et c’est tout à fait légitime, son attitude et sa gestion de l’affaire de harcèlement qui a fait l’objet d’un article dans le journal l’Equipe.

Cette campagne ne fut pas sans poser de nombreuses questions tant sur le fond que sur la forme. Dans une vingtaine de départements et/ou régions, de nombreuses irrégularités et des comportements anti-démocratiques et diffamatoires ont été constatés, par exemple, la diffusion de mails par des présidents de départements visant à cibler les candidats PMR aux fonctions de délégués pour qui il ne fallait pas voter en raison de leur pseudo manque d’investissement dans le cyclisme.

Dans les propos tenus par des personnalités de la gouvernance sortante, par exemple d’un vice-président et membre du Conseil Fédéral, dans la presse et sur des publications fédérales, nous avons constaté que,  nommément, plusieurs personnes de notre collectif étaient visées, notamment celles qui, comme Cyrille GUIMARD et moi-même, ont un passé d’élus fédéraux, propos laissant entendre que nous aurions « profité » du système et des « largesses » de la fédération sans rien apporter à notre sport pendant ces années ! De même Patrick FRANCOIS, qui a travaillé à mes côtés sous convention de 2004 à 2016 et avec qui nous avons réussi à fédérer 95 % des épreuves cyclosportives françaises, a été diffamé de manière semblable !

Il nous était possible de déposer un recours auprès du Tribunal de Versailles …

Envisageant un recours juridique dans l’optique d’obtenir un report des élections fédérales, nous avons préalablement sollicité la commission de conciliation du CNOSF pour avis (acte non juridique). Celle-ci n’a pas considéré opportun de donner une suite favorable à notre réclamation qu’elle avait préalablement « détricotée ». A noter qu’à cette occasion, nous avons eu la désagréable sensation de partialité, tant sur le fond que sur la forme, pour la constitution et le fonctionnement de cette commission.

Cet avis du CNOSF n’étant en aucune façon une décision juridique, il nous était possible de déposer un recours auprès du Tribunal de Versailles. Mais nous avons estimé que, même en cas de jugement en notre faveur, outre le fait de pouvoir dénoncer et faire reconnaître ces entorses aux statuts, nous nous serions retrouvés ensuite, quelques semaines ou mois suivants, dans le même mode électoral ! Le jeu n’en valait pas la chandelle, considérant notamment le coût de la procédure que notre jeune collectif n’était pas en mesure d’assumer.

Nous serons dans une opposition constructive mais sans la moindre complaisance …

Comme l’a annoncé Cyrille GUIMARD lors de l’AG fédérale, le collectif Prends Ma Roue va être pérennisé, réorganisé, renforcé pour être de plus en plus efficace, il va accueillir de nombreux nouveaux venus. Notre programme restera notre fil conducteur, nous l’enrichirons au fil de nos réflexions communes et selon les attentes des clubs et nous resterons vigilants vis-à-vis de la politique qui sera appliquée par la gouvernance élue. Nous avons la détermination de constituer une véritable représentation au service des clubs afin de proposer, le moment venu, une alternative crédible pour le développement de notre cyclisme. Nous serons dans une opposition constructive mais sans la moindre complaisance, la situation de notre sport exige une mobilisation sans relâche, nous ne le décevrons pas !

Roger Bordeau

Prends ma Roue

03/2021

Photos D.R

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