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Prends ma Roue !

PRENDS MA ROUE SOUTIENT LA CANDIDATURE DE CYRILLE GUIMARD

L’expérience et les compétences ensemble,
pour le renouveau du cyclisme Français!

Le Projet

Plaidoyer en faveur du Cyclisme Feminin

Par Léandre Provost, Président Etoile Cycliste du Don, Marsac (44)

PLAIDOYER EN FAVEUR DU CYCLISME FÉMININ, DE SA RECONNAISSANCE, ET DE SON DÉVELOPPEMENT

 Préambule : Ce témoignage s’inscrit pleinement dans le cadre du mouvement « PRENDS MA ROUE », récemment initié par des personnalités motivées issues de la sphère cycliste, et n’ayant pour seul prétention que de vouloir assurer le renouveau d’un cyclisme français, présentement bien malade à leurs yeux.

  • Témoignage

Avant… comme beaucoup, je ne conjuguais le cyclisme qu’au masculin… Mais avant quoi me direz-vous ?… Avant que ne surgisse, au sein du club que j’ai l’honneur de présider, une pépite, une jeune cycliste issue de notre école de vélo, aussi talentueuse que discrète et qui, par son parcours jonché de victoires retentissantes, bouleversa la vie du modeste dirigeant de base que je suis, et celles de tous les fidèles adhérents de notre formation.

Le club s’appelle l’Etoile Cycliste du Don (Dépt. 44 – 80 adhérents) ; la jeune cycliste : Séverine Éraud (Spécialiste du contre la montre, plusieurs fois championne de France, et, en junior, championne d’Europe et du monde)… quant à moi je m’appelle Léandre Provost (Licencié FFC depuis 1967).

Avant, comme beaucoup de mecs, le cyclisme féminin, n’était qu’une ponctuation : une parenthèse que l’on n’ouvrait que pour applaudir – et uniquement parce qu’elle était française – les exploits d’une certaine Jeannie Longo ; mais fugace parenthèse que, sur le terrain, l’on refermait très vite… estimant – injustement à l’époque ! – que les femmes, sur un vélo, n’avaient pas les mêmes qualités sportives et esthétiques que les hommes ; et qu’elles n’étaient pas assez nombreuses pour que l’on s’y intéresse vraiment. Que n’a-t-on pas entendu à l’époque ?! Compte tenu du contexte actuel, sur le plan de la discrimination, de tels propos ne sont plus tolérés… et c’est tant mieux ! Fort heureusement, et même s’il reste encore des efforts à faire, les temps changent, et les femmes n’ont pas besoin, de nous les hommes, pour se défendre.

Les mentalités – et dans tous les sports en général – progressent de façon exponentielle. Le grand public, grâce à des retransmissions télévisées mieux relayées, se laissent facilement séduire par le spectacle que nous offre des championnes devenues – comme par hasard ! – belles à voir, techniquement pétries de talent et capables des plus beaux exploits qui soient.

Mais, à mon sens, pour continuer à développer ce cyclisme féminin qu’avec le temps j’ai appris à apprécier à sa juste valeur, il reste  bien des actions à mener, bien des obstacles à lever, et bien des habitudes fédérales à bousculer.

Madame la Fédération, sauf le respect que je vous dois, communiquer sur le cyclisme féminin, c’est bien ; mais agir… c’est mieux !

Je ne prétends pas avoir la science infuse dans ce domaine. L’analyse que je tire de mon humble expérience d’homme de terrain confronté au sujet, et qui n’engage que moi, m’oblige à dégager quelques axes de réflexion que je résumerai comme suit :

  • Sans prise de conscience morale, point de salut : Faire barrage, par l’exemple, aux quelques reliquats machistes que l’on rencontre encore dans notre  sphère cycliste.
  • Sans retour avisé, point de crédibilité : Par l’écoute, prendre en compte le ressenti de toutes les actrices actuelles du cyclisme féminin (Coureuses ; cadres femmes ; dirigeantes ; arbitres femmes). Ne pas statuer sans les avoir intégrées à nos réflexions. Féminiser et mixer l’encadrement de nos clubs et instances.
  • Sans analyse objective, point d’amélioration possible : Pour mettre en place une bonne et évolutive politique d’avenir, faire un état des lieux précis de nos effectifs actuels (Un audit en quelque sorte) : par club, département, région, catégorie d’âge et de niveau.  Repérer nos forces et nos faiblesses, en termes d’organisation, de résultat sportif, de formation et de préparation spécifique et dédiée, de structure d’accompagnement, etc. Se poser les bonnes questions et mettre des moyens sur la table pour rectifier le tir.
  • Sans profondeur et largeur d’esprit, point d’attirance : Sortir de notre zone confort et notre traditionalisme. Savoir se libérer de notre parfois trop prégnant esprit de compétition. Décloisonner, multiplier – sans sectarisme aucun – les passerelles entre toutes les disciplines du vélo ; entre les autres sports ; mais aussi entre le loisir et la compétition. Ne pas compter que sur nos seules écoles de vélo pour recruter les jeunes filles. Ouvrir encore plus les portes de notre fédération aux femmes. Dans un cadre fédéral mieux enclin à organiser des actions de loisir « de type grand public », favoriser le déploiement de manifestations ludiques, où les femmes, par l’entremise de nos clubs, auraient une place prépondérante à tenir (Rassemblements, randonnées ; rallyes ; promenades ; parcours d’orientation ; etc.). Si les mamans (ou pourquoi pas les mamies, en vélo électrique), se mettent à pratiquer en masse notre sport et à l’aimer, il est fort à parier que leurs enfants les imitent. Le vélo est dans l’air du temps… et écologiquement correct… Profitons-en et soyons innovants dans ce domaine !
  • Sans organisateurs rassurés, point de compétitions possibles : Prendre de la hauteur, faire en sorte d’avoir une vision plus générale du calendrier féminin, de ses épreuves officielles (Le plus souvent protégées : donc bloquantes). Exploiter au mieux les dates restant libres. Dans ces créneaux vacants, organiser, par secteurs géographiques, des épreuves mixtes (avec les garçons). Les rendre statutairement incontournables, et pourquoi pas ouvertes aux non licenciés (licence à la journée pour jeunes). Les identifier sous une appellation restant à définir. Faire en sorte que les filles (selon leurs catégories, leurs âges et leurs niveaux) puissent, tout en bénéficiant d’un classement spécifique, se sentir mieux attendues et considérées. Aujourd’hui, la plupart du temps, elles se retrouvent éparpillées et isolées parmi les pelotons de garçons.-
  • Sans cohésion, point d’efficacité : Canaliser les nombreuses initiatives individuelles, aujourd’hui, bien trop atomisées pour être collectivement efficaces. Compte tenu du faible effectif à notre disposition, et en attendant que cela s’améliore, réduire les strates d’un cyclisme féminin qui se délite par manque de repères stables et durables. Par la discussion et les échanges, éclaircir la situation en réduisant les antagonismes larvés entre clubs, départements, régions, sélections, DN, etc. En l’état, chaque rouage joue perso et le plus souvent s’affiche en concurrent et non en partenaire. Réduire les circuits au niveau de la détection, des stages, des sélections, etc.

J’arrête-là mon délire. J’aurais pu décliner à l’infini mon raisonnement en faveur du cyclisme féminin en écrivant :

  • Sans innovation, point de progrès.
  • Sans rêve, point d’envie.
  • Sans détermination, point de réussite.

Mais il est temps de conclure. Et pourtant !… Il y aurait bien d’autre chose à dire !

Mesdames et Messieurs les dirigeants de clubs, Mesdames et Messieurs les responsables de comités, Mesdames et Messieurs les athlètes, n’attendons pas d’avoir une championne dans nos rangs pour agir. Je vous invite à nous rejoindre, fort de votre dynamisme et de vos suggestions, au sein de notre mouvement « PRENDS MA ROUE ».

Les championnes elles sont partout. Elles nous attendent. Il suffit de s’intéresser à elles… de les accompagner, et surtout – et quelles que soient leurs performances -, de les respecter.

VIVE LE CYCLISME FEMININ !

Léandre

Prends ma Roue

10/2020

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