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Prends ma Roue !

PRENDS MA ROUE SOUTIENT LA CANDIDATURE DE CYRILLE GUIMARD

L’expérience et les compétences ensemble,
pour le renouveau du cyclisme Français!

Le Projet

Vélo pour chacun, Cyclisme pour Tous: 2010 – 2020, une décennie de développement où l’apprentissage du vélo devient le « savoir rouler »…

Relecture d’un article initialement publié sur le site de Prends ma Roue, en Octobre 2020.

Fin Décembre étant fort naturellement la fin de la décennie évoquée, où rien (ou pas grand chose) ne s’est véritablement mis en place hors la récupération du « Savoir Rouler » qui est devenu ces derniers mois un des axes de développement principaux de la gouvernance actuelle, action synonyme de $ et d’un certain savoir faire du copier coller…

A l’occasion du Congrès FFC du Cyclisme pour Tous (Février 2010) qui s’est déroulé au CNOSF, visionnaire et précurseur, où l’apprentissage du vélo figurait comme l’un des thèmes principaux…

Le mouvement « Prend Ma Roue » a intégré tous les items de ce Congrès fondateur dans son projet et s’engage à les mettre en œuvre en tenant compte de l’évolution actuelle. 

Congrès visionnaire et précurseur des idées nouvelles, ce rassemblement de grands témoins de l’évolution du cyclisme, dont le statut et les fonctions ont évolué depuis *, (Hubert Peigné, Monsieur Vélo au gouvernement, Roland Gilles, Directeur général de la gendarmerie nationale, Isabelle Gautheron, Cabinet du Ministre des Sports, Cyrille Guimard, Roger Legeay, Nicolas Mercat, Cabinet Inddigo et David Lappartient, alors Président de la FFC)   a traité entre autres sujets importants de l’apprentissage du vélo, 10 ans plus tard, le « Savoir Rouler » devient un des axes principaux de développement pour la FFC.

Extraits du débat:

Présentation et animation: Patrick CHASSE. Journaliste 

Les thèmes:

  1. Quel rôle du Cyclisme pour Tous comme vecteur d’accueil de nouveaux publics dans les activités du Cyclisme ?
  2. De quelle façon intégrer le mouvement sportif dans les schémas de développement  vélo de l’Etat et des Collectivités ?
  3. Quels sont les nouveaux services à développer en direction des licenciés et de ces nouveaux pratiquants ?

Les invités:

  • Hubert Peigné : Délégué Interministériel aux politiques cyclables, le M. Vélo du gouvernement, poste créé en 2006, ancien Directeur Départemental de l’Equipement dans le Bas-Rhin, Directeur Régional de l’Equipement en Région PACA. aujourd’hui retraité,
  • Général Roland Gilles, Directeur Général de la Gendarmerie nationale et pratiquant assidu, aujourd’hui élu à la ville d’Albi, organisateur d’évènements internationaux de cyclisme pour tous.
  • Isabelle Gautheron, Directeur Technique National de la FFC, conseillère technique auprès du Ministre, aujour’hui DTN de la FF Vélo (FFCT),
  • Cyrille Guimard, Ancien Directeur Sportif de Bernard Hinault et laurent Fignon, vainqueur de 7 étapes du Tour de France, 2 médailles de bronze aux championnats du monde de cyclisme.  Conduit à Roubaix un projet de vélodrome et de centre de formation du cyclisme, aujourd’hui consutant médias et co-fondateur de Prends ma roue,
  • Roger Legeay, Manager 2000 à 2008 des équipes Peugeot Z et Credit Agricole, Ancien Président de la Ligue du Cyclisme Professionnel, Ancien Président international des groupes sportifs, aujour’hui Président du MPCC,
  • Nicolas Mercat, co-fondateur du bureau d’études Altermodal, spécialisé dans les politiques cyclables et les mobilité douces, aujourd’hui Maire du Bourget du Lac (73),
  • David Lappartient, Président de la Fédération Française de Cyclisme, maire de Sarzeau, aujourd’hui Président de l’UCI.

1- Les enjeux du Cyclisme pour tous à la FFC

Ce débat porte sur les enjeux et le rôle du sport pour tous au sein de la Fédération Française de Cyclisme

2- Cyclisme pour tous, un enjeu de société, un enjeu de santé publique

Les Fédérations sportives se sont progressivement structurées depuis la fin des années 80 pour élargir leur base de pratique à un public plus large. Le contexte sociétal, culturel, familial social, économique évolue. Avec la sédentarisation progressive des activités professionnelles et des déplacements, le besoin d’activité physique et de sport joue un rôle majeur de santé publique. Ces mutations sociétales impactent nécessairement les fédérations sportives, en particulier la Fédération Française de Cyclisme et les amènent à repenser leur schéma de développement.

Cette nouvelle demande de Sport pour Tous est exigeante, diversifiée. Elle implique des nouveaux services, mais aussi de l’exaltation, de l’imaginaire et de nouveaux espaces.

3- Cyclisme pour tous, un enjeu de Développement Durable

La pratique du vélo est un sport pratiqué en pleine nature et peut répondre à nombre d’enjeux du Développement Durable. La Fédération se doit d’être exemplaire en la matière, au travers de ses propres activités mais aussi parce que le vélo répond bien aux enjeux du Développement Durable.

4- Cyclisme pour tous, un enjeu de pratiques diversifiées

Toutes les disciplines du vélo sont concernées par le Cyclisme pour Tous, au-delà des pratiques traditionnelles du cyclisme sur route, de la piste et du cyclo-cross :

  • Depuis plus de 25 ans, les grandes épreuves de cyclosport à l’instar de la Marmotte par exemple, attirent des publics diversifiés bien au-delà de nos licenciés
  • Le VTT depuis les années 80 a profondément renouvelé l’image et la pratique du vélo dans le grand public
  • Les disciplines comme le BMX, le freestyle attirent des jeunes et contribuent à enrichir l’image du cyclisme avec les succès que l’on connaît aujourd’hui

5- Cyclisme pour tous, un enjeu économique

Toutes les  tranches d’âge sont concernées par le Cyclisme pour Tous, depuis l’apprentissage pour les plus jeunes, jusqu’au rôle important de maintien en activité physique des personnes âgées. Un tiers des licenciés pratiquent de fait le Cyclisme pour Tous.

Au-delà de notre seule Fédération, l’étude commanditée par Hubert Peigné, coordinateur interministériel des politiques cyclables, a montré l’enjeu économique du vélo avec 5.4 milliards d’euros et 35.000 emplois dans la distribution, la construction mais aussi le tourisme, les services, sans oublier l’impact du vélo en terme de santé publique estimé à 5.6 Md € par an.

6- Cyclisme pour Tous, un enjeu de structuration pour la FFC

L’organisation de l’accueil de ces nouveaux publics est un enjeu structurel majeur pour la Fédération. Les pratiques se modifient, les demandes deviennent plus exigeantes et la Fédération est confrontée à une concurrence marquée d’autres fédérations. Toutes ces mutations demandent une connaissance fine des atouts, des faiblesses de la Fédération, un positionnement clair et des modifications structurelles :

  • Dans les années 50, les licenciés entraient tout de suite à la Fédération par la compétition
  • Dans les années 70 : les écoles de cyclisme permettent de préparer les enfants en amont de la compétition. Après les écoles de cyclisme, les jeunes peuvent continuer de pratiquer en famille comme ils peuvent évoluer vers la pratique compétitive.
  • Dans les années 80 : l’irruption du VTT dans le monde du cyclisme va venir renouveler l’image du vélo. Tout en impliquant de nouvelles épreuves, il ouvre la pratique sur des publics diversifiés.
  • Dans les années 90 : le développement des épreuves cyclosportives permet d’ouvrir la base de la pyramide à des publics plus larges tout en permettant à d’anciens compétiteurs d’y revenir.

7- Décloisonner les différentes pratiques du vélo, ouvrir la FFC vers de nouveaux publics

  • Hubert Peigné, M. Vélo du gouvernement

 L’ouverture de la Fédération sur des publics nouveaux et sur les grands débats sociétaux, au travers du Cyclisme pour Tous est une bonne politique parce que le cloisonnement entre pratiques concurrentes du vélo nous fait du mal. Tout le monde n’est pas dans tout et chaque fédération a un rôle spécifique à jouer en tirant partie de son histoire, de ses atouts, de son positionnement. Je suis cycliste depuis toujours, je travaille dans le vélo urbain depuis 30 ans, et suis dans cette fonction de « Monsieur Vélo » depuis 2006. Mes attributions se portent principalement sur le vélo loisir et le vélo urbain et la pratique sportive n’est pas mentionnée. Cette fonction de « Monsieur Vélo » a été créée par plusieurs Ministères, Jeunesse et Sports en faisait partie par le biais du vélo loisirs mais curieusement pas la Santé. Le vélo, au-delà du seul cyclisme peut effectivement transformer la vie quotidienne. Le premier contact avec la FFC s’est fait sur la question de l’apprentissage avec le MCF. Bertrand Rabatel, directeur du MCF est venu me trouver pour soutenir cette dimension de l’apprentissage du vélo. Une étude en cours est en cours pour recenser l’existant et devrait aboutir à un travail sur un référentiel commun aux différents acteurs de ce domaine dans le courant de 2010. Puis La FFC a pris l’initiative de nous rencontrer pour avancer sur les itinéraires de légende et de référence. Nous avons convenu qu’il serait possible de travailler avec les Fédérations Départementales sur ce sujet.

8- Une nécessaire adaptation de nos structures aux nouveaux enjeux:

  • Isabelle Gautheron

La FFC bénéficie d’un véritable maillage d’Ecoles de vélo pour assurer les apprentissages de base, sous toutes ses formes. Le BMX, le free style apportent des dimensions nouvelles très intéressantes pour l’apprentissage de l’équilibre et de la conduite. Une adaptation des clubs par la formation des dirigeants et encadrants est indispensable pour accompagner ce mouvement. Nous avons besoin de travailler ensemble pour accueillir une fraction de ces 18 millions de pratiquants du vélo..

9- Le Cyclisme pour Tous, une activité transversale aux différentes disciplines:

Le Cyclisme pour Tous est par définition une activité transversale aux 9 disciplines de la FFC. Chacune dans son domaine peut intégrer cette fonction. Il n’existe pas de sous-commission loisirs dans la discipline VTT par exemple. Les grandes manifestations emblématiques comme la Forestière, ou la Roc d’Azur intègrent à la fois des épreuves de très haut niveau et du grand public pour tous. Les activités VTT loisirs relèvent donc des 2 commissions Cyclisme pour Tous et VTT. Vélo pour tous a vocation d’être transversale dans chaque discipline.

10- L’élite a aussi un rôle à jouer, le haut niveau est prêt à aider:

  • Roger Legeay 

L’imaginaire de la FFC est lié à la compétition. Le rôle de l’élite est évident pour développer le Cyclisme pour Tous : rôle sportif, rôle éthique. Au sein de la FFC et de l’histoire du cyclisme, l’élite à certes un devoir de résultats, mais aussi un devoir d’éthique. Elle ne doit pas non plus se désolidariser de la base. Les dirigeants et les coureurs professionnels entretiennent des relations de proximité avec la base comme dans aucun autre sport. Le Tour de France permet cette proximité des grands champions avec leur public. Ces derniers participent également volontiers à des épreuves de masse comme les cyclosportives. Le secteur du haut niveau est prêt à aider et accompagner le développement du Cyclisme pour Tous. Le Cyclisme pour Tous peut aussi inciter les jeunes à venir vers le vélo et tirer vers le haut même si ça n’a pas été le cas ces dix dernières années. Le cyclisme de haut niveau doit retrouver de l’éthique du sport et de l’émotion, retrouver la foi pour faire sortir les vélos le dimanche… et le reste de la semaine.

11- Intégrer le mouvement sportif dans les évolutions récentes du vélo en ville et dans les schémas de développement du cyclisme pour le plus grand nombre:

Le vélo a connu une véritable révolution ces dix dernières années. Après une baisse continue de la pratique en milieu urbain depuis plus de 50 ans, le vélo est de retour en ville. Les collectivités ont engagé des investissements importants pour mieux le prendre en compte. Les vélos en libre service accompagnent et médiatisent ce retour. Mais beaucoup de parents ont encore des scrupules à laisser sortir leurs enfants sur la voie publique. Quel rôle peut jouer la Fédération Française de Cyclisme pour que le vélo soit mieux pris en compte ?

12- Revenir au Cyclisme pour Tous, s’est d’abord réinvestir le vélo mode de transport.

  • Cyrille Guimard 

Au premier abord, les besoins du haut niveau en infrastructures et services peut paraître antinomique des besoins du plus grand nombre. En réalité, ils sont très complémentaires. L’élite a besoin d’une base pour recruter, en retour l’élite peut être une locomotive pour médiatiser le vélo et attirer un public large, les deux sont complètement imbriqués. La Fédération est représentative d’un grand nombre de familles du cyclisme, route, VTT, cyclo-cross, BMX avec toutes ses familles.

Au-delà de ses familles d’activité traditionnelles, la Fédération doit cependant réinvestir les enjeux du vélo mobilité. Il y a 50 ans, le vélo était d’abord un moyen de transport pour aller au travail et à l’école, et même au sein des armées à une certaine époque. Pendant la résistance, il a joué un rôle important. Nous avons eu une vraie histoire du vélo mobilité en France, au même titre que les Pays-Bas. Elle a été niée et oubliée. A partir des années 60, la politique du tout voiture a été mis en oeuvre, la voie publique a été pensée en fonction de la seule voiture et le vélo s‘est trouvé de fait exclu, dépassé.

Revenir au Cyclisme pour Tous, s’est réinvestir le vélo mobilité, nous le voyons avec les Vélib. Le vélo a fait son retour à Paris, pour aller au théâtre ou visiter la ville. Il est redevenu un outil de transport à part entière. C’est certes lié aussi aux préoccupations environnementales, mais également à son côté pratique et bon pour la santé. Mon principal sujet d’inquiétude est l’inadaptation de la voie publique pour le vélo aujourd’hui. Les voies vertes offrent de belles opportunités pour le vélo loisirs, la promenade, les ballades en forêt mais il doit pouvoir aussi être pratiqué sur la voie publique.

13- Le vélo doit se faire sa place en ville. La FFC a une taille critique pour jouer un rôle d’influence auprès des collectivités qui aménagent.

  • Général Roland Gilles :

 J’ai deux familles d’adoption, la Gendarmerie et le vélo. Je confirme qu’il existe un développement important de la pratique du vélo. Avec près de 3.5 millions de vélos achetés chaque année soit plus de 5 vélos pour 100 habitants, la France se place au 4è ou 5è rang mondial en termes d’achat par habitant. Elle compte de 18 à 25 millions de pratiquants habituels ou occasionnels. Le vélo urbain connaît un véritable engouement et les agglomérations portent aujourd’hui la pratique. 30 villes en France proposent à présent des vélos en libre service et le parc se monte à plus de 40.000 unités.

La sécurité n’est cependant pas au rendez-vous pour plusieurs raisons :

  • Le linéaire d’aménagements cyclables en milieu urbain reste faible et les politiques d’urbanisme des 30 dernières années n’ont pas anticipé se développement. Nous avons oublié que le vélo a été un vecteur majeur de déplacement et l’automobile a tout balayé. Le vélo doit se faire sa place en la ville.
  • Le comportement du cycliste lui-même est aussi à mettre en cause. Plus d’un cycliste sur deux ne respecte pas les feux rouges, beaucoup roulent sur les trottoirs, faute d’aménagements. Les services de sécurité ne peuvent sanctionner tous ces écarts souvent imputables à un manque d’aménagements ou une inadaptation de la voirie. La Fédération a un rôle à jouer dans le respect de la règle.
  • Une part importante des accidents graves ou mortels de cyclistes en milieu urbain résulte de l’angle mort des véhicules de grands gabarits. Le cycliste n’anticipe pas le tourne à droite du véhicule et n’est pas perçu par le conducteur.

La Fédération peut avoir deux orientations de travail :

  1. L’exemplarité : L’image du coureur est forte et il se doit de montrer l’exemple. Les clubs ont une responsabilité pour encadrer, donner l’exemple et prescrire le respect de la règlementation, un rôle moral pour faire de la pédagogie du comportement.
  2. L’aménagement urbain ne se prête pas à la pratique du vélo, pas assez de voies et la Fédération doit jouer un rôle d’influence vers les collectivités qui aménagent. Elle représente une taille critique susceptible de se faire entendre.

14-Je voudrais rendre les villes cyclables!

  • Hubert Peigné

Nous avons perdu la « cyclabilité » de la voirie…

Le vélo urbain est au cœur des attributions de M. Vélo. Nous en sommes au tout début de la nouvelle histoire du vélo en ville en France. Nous redémarrons une politique quand d’autres pays n’ont jamais arrêté. Les écarts de pratique urbaine restent de ce fait très importants en Europe.

Tous les pays européens ont beaucoup perdu en pratique lorsqu’ils ont arrêté de travaillé sur la prise en compte du vélo dans la voirie. Rien n’est jamais acquis et c’est un travail incessant.

Nous avons d’abord perdu l’idée que la route est pour tous. Les quarante dernières années ont été marquées par un élargissement continuel de la chaussée pour accueillir plus de trafic. Nous avons de fait perdu la « cyclabilité » et la  « marchabilité » de la voirie.

Contrairement aux idées reçues, le vélo n’est pas si dangereux en ville. Les accidents sont en nette diminution. La baisse des vitesses reste un élément clé.

Pour ceux qui s’intéressent au sujet, il faut faire attention aux chiffres : contrairement aux idées reçues, le vélo génère peu d’accidents, notamment en ville. A cet égard, il est indispensable de bien différencier le secteur urbain et rural. Le secteur Gendarmerie, essentiellement rural concentre 120 tués à vélo sur les 150 relevés annuellement. Ce chiffre est par ailleurs passé de 250 à 150 en quelques années. Les accidents de vélo sont en diminution et diminuent plus que la moyenne générale alors même que la pratique augmente.

En secteur rural, l’impact des aménagements est peu controversé. Les collectivités ont aménagé dans les 10 dernières années plus de 8.000 km de voies vertes qui ont contribué à diminuer l’exposition au risque. En ville la clé réside dans une meilleure répartition de l’espace et une cohabitation permise par une diminution des vitesses de pointe des véhicules motorisés. Paradoxalement, une baisse des vitesses de pointes touche peu la vitesse moyenne et améliore considérablement la sécurité.

L’espace pour les cyclistes peut se gagner sur le stationnement. La FFC a un rôle à jouer pour soutenir les élus dans ce sens

Concernant le partage de l’espace en ville, la place à gagner par les cyclistes ne doit pas se faire au détriment des piétons. Elle doit d’abord se faire sur le stationnement qui stérilise un espace considérable : une voiture est en stationnement 95% de sa vie. Sommes-nous vraiment prêts à soutenir nos élus dans ces choix politiquement difficile pour eux ? Ce soutien ne tombe pas sous le sens et toutes les Fédérations, FFC comprise ont un rôle à jouer pour appuyer les élus dans ces politiques.

En prenant bien en compte les besoins des usagers, les résultats peuvent être spectaculaires.

Dans les villes cyclables, les motivations des cyclistes de 7 à 77 ans sont simples et concrètes : le vélo, c’est facile, commode, pas cher… Les arguments en faveur de l’environnement et du développement durable viennent très loin derrière. Lors des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, les villes les plus résistances à la crise ont été les villes néerlandaises dans lesquelles, avec 40% de part modale du vélo, la vie quotidienne n’a pas été fondamentalement perturbée.

Les centre-villes les plus cyclables comme Bordeaux, Grenoble, Strasbourg ne sont venues que récemment au vélo en libre service après la mise en œuvre de très grands parcs de vélo en location longue durée. En termes de services, chaque outil a son domaine de pertinence. Le vélo en libre service a joué un rôle très important sur le plan médiatique mais il reste un élément parmi d’autres. De plus en plus d’exemples montrent qu’une offre d’aménagements améliorée apporte des résultats spectaculaires. Dès la création du collège de Jacou, petite ville de 4000 habitants dans l’Hérault, la commune, le Conseil Général et le principal se sont mis d’accord sur la réalisation d’aménagements de pistes cyclables d’accès et d’un garage dans le collège. Plus de la moitié des collégiens viennent quotidiennement à vélo. Les parents se trouvent libérés de leur rôle de taxi, les familles et le Conseil général font des économies grâce au vélo.

Les associations, les clubs, les fédérations ont un rôle important à jouer

A Strasbourg, ce sont les associations qui ont commencé. Lorsque j’étais directeur départemental de l’Equipement du Bas-Rhin, j’ai beaucoup appris à leur contact. J’apprends avec la Fubicy, la FFCT et aujourd’hui avec la FFC. Chacun a sa complémentarité et sa pertinence d’intervention.

15- Le vélo a connu une vraie révolution dans les 10 dernières années mais la France reste dans le grupetto de l’Europe:

  • Nicolas Mercat

Dans les 10 dernières années, les villes ont connu une véritable révolution du vélo. La pratique a été multipliée par 4 à Paris en 10 ans, par 5 à Lyon et a augmenté dans la plupart des grandes villes françaises. La France reste cependant dans le grupetto de l’Europe. Avec 80 km par an et par habitant, la France est en retard sur le peloton des Allemands, Suisses, Scandinaves, Européens de l’Est qui parcourent plus de 300 km par an et par habitant, sans parler des échappés Néerlandais et Danois qui caracolent en tête avec plus de 1.000 km/an/hab. Grenoble dans les années 50 avait une tradition cyclable aussi forte qu’au Pays-Bas.

Le vélo : 4.5 Md € par an et 35.000 emplois, 5.6 Md € d’économie de santé publique

L’économie du vélo représente 4.5 milliards d’euros et 35.000 emplois, principalement dans la distribution, la fabrication, les travaux-publics au travers d’aménagements cyclables, les services mais surtout le tourisme. L’économie directe de la pratique du vélo n’est cependant pas la plus importante : les impacts sur la santé publique d’une pratique régulière du vélo peuvent être estimés à partir des travaux de modélisation réalisés par l’OMS et l’OCDE à 5.6 milliards d’euros d’économie de santé publique.

La santé publique, argument n°1 du vélo pour tous. Avec 300 km de vélo par an et par habitant, la France peut boucher le trou de la Sécu.

La santé publique doit devenir l’argument majeur à prendre en compte dans le développement du Cyclisme pour Tous. Le retour du vélo en ville et l’éclairage positif qu’ont déclenché les vélos en libre service ont rendu le vélo désirable. Ces dix dernières années, les collectivités ont investi des sommes très importantes, avec plus de 500 M€/an, et ont créé plus de 8.000 km de nouveaux itinéraires. La réussite des voies vertes est particulièrement spectaculaire avec des fréquentations de plus de 9000 personnes/jour en pointe le long du lac d’Annecy. Quand les collectivités mettent les moyens et adoptent une réflexion globale sur les besoins et la pratique, la réponse du public est toujours au rendez-vous. Avec 10 € par an et par habitant en milieu urbain et l’équivalent sur les véloroutes et voies vertes, la France peut revenir en 10 ans dans le peloton européen de 300 km/an/hab, une économie en dépenses de santé estimée à 15 Md €/an, ce qui représente plus que le déficit de la Sécurité Sociale en 2008.

Dans cet objectif d’atteindre 300 km/an et par habitant, la FFC peut jouer 3 rôles :

  1. Participer au lobby national et local : la FFC doit prendre toute sa place auprès des collectivités et des acteurs de santé, au côté des autres Fédérations en participant aux différents groupes de travail nationaux, régionaux ou locaux.
  2. Rester ouverts sur toutes les pratiques : la FFC bénéficie d’une vraie diversité de pratiques lui permettant d’être présente sur des publics larges, enfants, adolescents, seniors
  3. Apprentissage : remettre au vélo des retraités, salariés. Besoin d’un réseau. Y compris enfants.
  4. D’où on part. 1 enfant /3 ne fait pas de vélo. 2è décrochage à l’adolescence (fédé sport, salariés, puis seniors 1è activité physique des seniors le vélo santé est un impact majeur.

Prends ma Roue

10/2020

Photos P.F/D.R

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